Des jeunes sahraouis se proclamant du Polisario s’apprêtent à commettre des actions terroristes au Maroc. Les séparatistes montrent enfin leur vrai visage.
La tentation terroriste du Polisario
Le dimanche 29 mai 2005, dans une déclaration au quotidien espagnol El Mundo, le militant séparatiste Ali Salem Tamek menaçait ouvertement le Maroc d’actions terroristes. Aujourd’hui, son appel à la violence semble avoir trouvé un écho favorable parmi une certaine frange de la population sahraouie. Selon des tracts distribués dans les rues de Lâayoune et signé par un mystérieux Front Populaire pour la Libération d’Assaquia Al Hamra, Phalanges du martyr El Ouali, l’usage d’actes de sabotages et de terrorisme ne serait plus exclu pour libérer le Sahara de ses «occupants marocains». Le Polisario aurait-il fini par succomber à la tentation terroriste?
Depuis plusieurs mois déjà, un climat de violence règne dans les provinces du sud marocain, qui vivent au rythme des rassemblements sauvages, des émeutes et autres actes de vandalisme attisés et encouragés par les séparatistes du Polisario. Dès le mois de mai 2005, plusieurs attaques aux pierres, puis aux cocktails Molotov ont été perpétrées contre les forces de l’ordre et des bâtiments publics. En juillet 2005, la rumeur de l’explosion d’une bombe artisanale au passage d’une patrouille du GUS n’a été ni démentie, ni confirmée. Pendant le mois d’octobre, le bureau de 2M à Lâayoune a été incendié suite à la diffusion d’un reportage mettant en doute la grève de la faim menée dans la prison de Lâayoune par des militants séparatistes, dont Ali Salem Tamek. Le vendredi 4 novembre, le tapis roulant de 110 kilomètres qui achemine le phosphate des mines de Bouqraa a été saboté. Le vendredi 18 novembre 2005, une aile de l’hôpital Belmahdi de Lâayoune a brûlé sous les flammes d’un incendie criminel.
Ali Salem Tamek.
Dix jours plus tard, un communiqué émanant de l’Association le Sahara Marocain (ASM) est on ne peut plus clair. «D’après des sources crédibles, des attentats aux bombes artisanales sont imminents dans les provinces du sud marocain. Des cellules ont été créées avec une coordination quasi-parfaite entre elles et leur formation a été assurée par des ralliés experts en la matière», prévient ce communiqué. L’ASM ne donne pas d’autres précisions. Toutefois, selon des sources dignes de foi, Les Phalanges du martyr El Ouali, un groupuscule composé essentiellement de jeunes radicaux qui ont baptisé leur mouvement au nom de Mustapha El Ouali, l’ancien secrétaire général du Polisario mort en Mauritanie en 1976, auraient décidé de monter la violence de plusieurs crans. Ils envisagent de recourir à de véritables actions armées. En tête de liste de leurs cibles, les Groupes Urbains de Sécurité (GUS), dont ils réclament le départ. Bien entendu, ils revendiquent également l’indépendance des provinces du sud marocain.
Issus du camp Al Wahda et du quartier Mâatallah à Lâayoune, et assistés par des ralliés polisariens, experts en guérilla urbaine et en maniement des explosifs, ces jeunes opéreraient sans véritable direction. Ils déclarent même désavouer les cadres du Front Polisario, aussi bien au Maroc qu’à Tindouf. Il n’empêche, un autre communiqué de l’ASM informe que «le mercredi 23 novembre, cinq personnes, dont deux ralliés, ont rendu visite au domicile du séparatiste Sidi Ahmed Dadache à Laâyoune pour lui demander qu’il devienne le chef de file de leur Intifada». On ne saura pas si Dadach a accepté ou refusé cette offre. Mais ce qui est sûr, c’est que la démarche de ces jeunes informe sur un revirement inédit dans la stratégie guerrière du Polisario. Le front séparatiste soutenu et abrité par l’Algérie a en effet toujours privilégié la confrontation directe avec les forces marocaines, plutôt que les méthodes de guérilla urbaine. Ce choix dicté par l’Algérie qui, judicieusement, ne veut surtout pas être rangée parmi les pays qui soutiennent des organisations terroristes, n’a pas toujours recueilli le consensus. Au sein même de la direction du Polisario, certaines voix ont, en effet, souvent proclamé le recours à la violence aveugle du terrorisme.
Dans un article daté du 19 mai 2005, le très sérieux Washington Times avait ainsi appelé à ce que «le traitement réservé aux organisations terroristes soit appliqué au front Polisario». Et, dans la même période, en réaction aux menaces proférées par les chefs des séparatistes, comme Ali Salem Tamek, de mener des actions terroristes, l'ONG américaine, Le Conseil US pour les prisonniers marocains dans les camps de Tindouf (ACMP), avait lancé un appel similaire aux autorités de Washington pour inclure le Polisario dans la liste des organisations terroristes.Tout récemment, un long rapport de 80 pages, diffusé par le European Strategic Intelligence and Security Center (ESISC), une organisation qui n’a jamais été tendre avec le Maroc, mettait en garde contre une très probable réorientation terroriste du front Polisario. “Aujourd’hui, la nature de l’évolution du Polisario fait naître de nouvelles craintes: celles de voir certains de ses combattants et de ses cadres se tourner vers le terrorisme, l’islamisme radical ou la criminalité internationale. Cette évolution menacerait la stabilité de toute l’Afrique subsaharienne et, donc, la sécurité de plusieurs États africains et, à terme, celle de l’Europe”, peut-on lire dans le préambule de ce rapport qui appelle la communauté internationale à prendre en charge la dérive et le reclassement des anciens combattants du Polisario pour éviter qu’ils ne se tournent vers le terrorisme.