Abbas El Fassi préside à Dakhla un meeting en commémoration du 11 janvier 1944)
Activer la délégation de larges attributions aux régions du Sud
Entamer des négociations avec l’Espagne pour la récupération de Sebta et Mellilia
M. Abbas El Fassi, Secrétaire Général du Parti de l’Istiqlal, a présidé, avant-hier samedi 14 janvier 2006, à Dakhla, un imposant meeting populaire à l’occasion du 62ème anniversaire de la présentation du Manifeste de l’indépendance.
Ont pris part à ce meeting des membres du Comité exécutif du parti, les chefs des deux groupes parlementaires istiqlaliens à la Chambre des Représentants et à la Chambre des Conseillers, une trentaine de parlementaires, les ministres istiqlaliens au Logement et à l’Urbanisme, à l’Equipement et aux Transports, à l’Eau, les responsables du parti dans les régions de Oued Eddahab - Lagouira, Laâyoune - Boujdour, Guelmim - Smara, les présidents des Conseils communaux istiqlaliens dans la région et les représentants des organisations parallèles du parti. Avant le déclenchement du programme du meeting qui a eu lieu au stade municipal, la population de Dakhla a organisé une imposante marche à travers l’avenue principale de la ville durant laquelle elle a scandé la marocanité du Sahara et appelé à davantage de mobilisation et de lutte pour vaincre les ennemis de l’intégrité territoriale.
Parallèlement au meeting, le parti a organisé une série d’activités. Il a ainsi été procédé à l’inauguration du siège de Dar Abdelkhalek Torrès, suivie d’une visite aux familles des résistants pour la présentation des condoléances suite au décès de feu Fadel Ould Semlali, secrétaire de section du Parti de l’Istiqlal à Dakhla, de l’étudiant Ali Menna Ahl Sidi Brahim Laâmar et son frère Mohamed Lamine. De même que le Secrétaire Général du parti a présidé la réunion des Conseils provinciaux regroupant les provinces du Sud et l’élection des Bureaux provinciaux et du Bureau régional de l’Association Marocaine des Conseillers Communaux Istiqlaliens.
Les significations profondes de l’anniversaire du 11 Janvier
Dans son discours lors du meeting, le Secrétaire Général du Parti de l’Istiqlal a commencé par exprimer sa joie de sa présence à Dakhla la combattante qui a été choisie pour abriter le meeting principal de la commémoration de l’anniversaire de la présentation du Manifeste de l’indépendance, également commémoré par d’autres meetings dans les différentes villes marocaines. Ce choix, a-t-il affirmé, entre dans le cadre de l’intérêt permanent accordé par l’Istiqlal aux provinces du Sud.
M. Abbas El Fassi a ensuite mis en exergue les significations profondes de l’anniversaire de la présentation du Manifeste de l’indépendance qui constitue une étape fondamentale de l’Histoire du Maroc contemporain, précisant que le Parti de l’Istiqlal avait été seul à commémorer cet anniversaire au moment où les médias officiels passaient sous silence cet événement éternel. Le parti, a-t-il dit, avait continué à lutter pour que cet événement bénéficie de l’intérêt qui lui échoit, jusqu’à ce que feu SM. Hassan II décida d’en faire une fête nationale. Cet intérêt a été couronné, cette année, par la décoration par SM. le Roi Mohammed VI d’un groupe de résistants qui ont bénéficié de Wissams spéciaux, en plus des festivités spéciales qui ont accompagné le cinquantenaire de l’indépendance.
L’objectif de l’indépendance réalisé par étapes
M. Abbas El Fassi a souligné que le 11 janvier 1944 n’est pas un simple fait historique, mais un acte militantiste grandiose qui consacre la symbiose entre le Trône et le peuple, du Nord au Sud et d’Est en Ouest, pour l’indépendance du Maroc et la garantie de la dignité de ses fils.
Evoquant les objectifs principaux du Manifeste du 11 janvier, le Secrétaire Général a précisé que l’intérêt avait été particulièrement porté sur l’indépendance afin que le peuple marocain demeure uni autour d’une question centrale, considérant que le Manifeste avait constitué une véritable révolution en mettant un terme au début de l’époque sur la possibilité d’instaurer des réformes politique, économique et sociale dans le cadre de la colonisation.
Le document, a-t-il poursuivi, a insisté sur la nature du régime adéquat pour le Maroc, à savoir la Monarchie Constitutionnelle où le Roi est l’orientateur du peuple, le garant de l’intégrité territoriale et le défenseur des intérêts du pays, à côté d’un gouvernement issu d’une majorité elle-même l’émanation d’élections libres et transparentes.
L’objectif de l’indépendance, a expliqué M. El Fassi, s’est réalisé par étapes, d’abord par voie de lutte armée et de négociations avec l’occupant français, puis par négociations avec l’occupant espagnol pour ce qui est du Nord, de Tarfaya, Sidi Ifni, Sakia El Hamra et Oued Eddahab.
Les négociations, a-t-il ajouté, doivent se poursuivre avec l’Espagne pour la libération des deux villes spoliées Sebta et Mellilia.
Pour le renforcement de la Monarchie Constitutionnelle
Evoquant le deuxième volet du Manifeste du 11 janvier, celui afférent à la Monarchie Constitutionnelle, M. Abbas El Fassi a souligné que le Maroc a connu, durant les décennies post-indépendance, des hauts et des bas, car il a enregistré des succès et essuyé des échecs, accompli des réalisations et commis des faux-pas, concrétisé des acquis et connu des défaillances, notamment dans le domaine des Droits de l’Homme où il y a eu ce qu’on appelle « les années de plomb » que le Souverain entreprend d’en clore définitivement le dossier.
Cependant, a-t-il soutenu, en dépit de cela, il y a lieu de relever les réalisations concrétisées durant cette étape où plusieurs barrages ont été édifiés ainsi qu’ont été construits des hôpitaux, des universités, des écoles et des édifices publics au service des usagers. Il a, de même, mis en exergue les nombreuses initiatives prises durant la dernière décennie du siècle écoulé, telle la libération des détenus d’opinion, le retour des exilés, la mise en place du Conseil Consultatif des Droits de l’Homme, l’adoption de la Constitution de 1996 et la désignation pour la première fois, en 1998, d’un Premier ministre issu de l’opposition. Ces initiatives, a-t-il commenté, ont été couronnées par de profondes réformes, touchant les différents domaines, dont la mise en oeuvre a été entamée avec l’avènement de S.M. le Roi Mohammed VI. Il y va ainsi de la création de l’Instance Equité et Réconciliation dont l’objectif est de tourner la page d’un passé douloureux entaché par les graves atteintes aux droits de l’Homme. Les observateurs, précise M. Abbas El Fassi, ont estimé que c’est là une oeuvre partielle qui s’inscrit dans le cadre de l’édification de l’Etat des institutions et de la consécration de la Monarchie constitutionnelle, ce à quoi il sied d’ajouter le déroulement des législatives de 2002 qui ont tranché avec les anciennes habitudes et dont la crédibilité n’a été mise en cause par personne, et ce, pour la première fois depuis les élections de 1960.
Les réformes constitutionnelles
M. Abbas El Fassi a, en outre, affirmé que le Parti de l’Istiqlal demeure attaché à trois fondamentaux immuables et inaltérables, à savoir un Islam modéré et du juste milieu, l’intégrité territoriale et la Monarchie constitutionnelle. Le moment est venu, a-t-il enchaîné, pour accomplir les réformes constitutionnelles et politiques, en parfaite harmonie avec le Souverain étant entendu qu’il est le garant de l’unité du peuple marocain de Tanger à Lagouira. Et le Secrétaire Général d’expliquer que la nécessité requiert la reconsidération de certaines questions intéressant le renforcement des prérogatives du Premier ministre, sans toutefois porter atteinte à celles de Sa Majesté. Cette nécessité, a-t-il poursuivi, s’impose dans la mesure où le gouvernement, Premier ministre en tête, est censé être au fait de tous les dossiers économiques, sociaux et politiques. En outre, il y a lieu, a-t-il souligné, d’accorder un intérêt à la réforme de la justice, sachant qu’elle constitue un soutien fondamental à la protection des droits des citoyens, favorise la confiance des investisseurs marocains et étrangers dans la mesure où, actuellement, on déplore que la corruption continue à sévir, que la probité se fasse rare et que l’autonomie de la justice soit faible.
Les réformes constitutionnelles, a affirmé M. Abbas El Fassi, doivent être de nature à consolider les acquis, renforcer l’Etat de droit et des institutions et participer à garantir la stabilité et le progrès de la société. Le Parti de l’Istiqlal, a-t-il conclu à ce propos, est mobilisé derrière S.M. le Roi.
Des prérogatives élargies pour les régions des provinces du Sud
S’agissant de l’intégrité territoriale, le Secrétaire Général a souligné que l’unité du Maroc dure et se poursuit, de Tanger à Lagouira, depuis la conquête islamique et que, depuis leur récupération, les provinces du Sud jouissent de stabilité et connaissent un développement soutenu dans les différents domaines. Car, a-t-il expliqué, il était nécessaire de les promouvoir après plus de 70 ans de colonialisme.
Les régions constituant ces provinces, a précisé M. Abbas El Fassi, ont besoin d’un régime régional spécial où elles jouissent de larges prérogatives, et ce, sachant les spécificités qui les caractérisent, sur le plan culturel, de l’éloignement du centre ou du fait du lourd legs colonial. Et le Secrétaire Général d’insister sur la nécessité de prendre d’urgence une décision favorisant la délégation, dans le cadre de la régionalisation élargie, de ces prérogatives auxdites régions, et ce, afin de permettre à leurs habitants de gérer eux-mêmes leurs propres affaires. Toutefois, a-t-il soutenu, les affaires relevant de la souveraineté sont exclues de cette délégation ; ceci étant le moyen de contrecarrer les desseins des ennemis de notre intégrité territoriale.
Le Parti de l’Istiqlal, organisation ouverte
Abordant le volet organisationnel, M. Abbas El Fassi a expliqué que le Parti de l’Istiqlal a toujours été ouvert aux différentes catégories de la société, loin de toute logique partisane obtue. Les organisations du parti, a-t-il souligné, couvrent les différentes régions du Maroc, chose qui lui permet d’être, au sein du paysage politique marocain, un parti qui défend les droits et les acquis des citoyens. Et le Secrétaire Général de conclure que le Parti de l’Istiqlal occupe présentement la première place dans les collectivités locales, les régions et au Parlement, ainsi qu’il a pu réaliser un grand succès dans des régions qui lui étaient interdites à cause de l’intervention flagrante des “services” lors des précédentes élections, avec en tête les provinces du Sud, où il représente la première force politique.